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LA PRESSE EN PARLE STELE DE SAUSSET LES PINS

DEUX ARTICLES DE LA PRESSE COTE BLEUE

Inauguration d’une stèle-du-5-juillet-1962 : une première en France

L’éternelle polémique historique entourant depuis 50 ans le choix par les pouvoirs publics du 19 mars 1962 (accords d’Evian) pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie vient de prendre une nouvelle tournure ce jeudi sur Sausset dans le parc de la salle des arts : devant un monde fou (plus de 400 personnes), le maire Éric Diard entouré du conseil municipal, des porte–drapeaux, des associations d’anciens combattants, des associations de pieds-noirs, et de nombreux élus de la région (pas mal de marseillais) a inauguré la stèle du 5 juillet 1962 dédiée « aux victimes des massacres à Oran le 5 juillet 192, et des victimes, civiles militaires et harkis, de la guerre d’Algérie ». Le protocole a démarré par le témoignage de Jean-Francis Reig, personnalité marignanaise et pied-noir, qui a raconté « son » 5 juillet 62 : étudiant et joueur de football réputé à Oran, il ne dut qu’à sa réputation sportive d’avoir doublement la vie sauve ce jour-là « en plein dégoupillage du peuple algérien qui commençait à fêter dans la liesse son indépendance… Nous étions 40 copains étudiants rassemblés sans savoir ce qui se passait. Ils ont tous disparu, sauf moi, qui aie été épargné. Aujourd’hui, je demande qu’on pense à eux, à ceux qui ont vécu là-bas des choses indescriptibles, ignobles », a-t-il clamé dans un silence total, avec des mots très durs vers « les décideurs militaires et politiques de l’époque dans le déni, qui ont pendant les massacres cantonné les 10 000 soldats français dans les casernes ». En suivant, Roland Soler, président de l’Association des rapatriés d’Oranie (ANRO) a aussi rétabli le film historique « parce que 54 ans après, peu de français savent ce qui s’est passé après le 22 mars 1962 ». Et d‘évoquer les exactions sanguinaires successives jusqu’à « ce carnage du 5 juillet …. Le pouvoir et l’armée, qui n’ont pas bougé, ont été coupables devant tout le pays de non-assistance à personne en danger, laissant s’entasser les morts enlevés par camions à la fin de cette journée noire. Mais pire que les fosses communes, il y a eu ensuite pour nous l’humiliation du vide historique … Voilà pourquoi c’était important d’ouvrir les archives, de rétablir la vérité historique par cette stèle saussétoise, la première en France » a assené le président ANRO, « très ému et si reconnaissant envers le maire de Sausset le conseil municipal ». Mêmes mots très forts pour les présidents des Amitiés oraniennes Jean-Claude Simon et du Comité de liaison des associations nationales de rapatriés (CLANR) :, évoquant la cruauté « des faits cachés, et pas enseignés encore aujourd’hui… Ce grand ratage a fait des orphelins des deux côtés de la méditerranée : ces 1,5 millions de français qui ont dû quitter le sol où ils étaient nés, et qui n’ont toujours pas pu en faire le deuil ». Dans un silence total et ému, les formules chocs se sont succédé jusqu’à l’intervention d’Éric Diard, ovationné avant et après son discours : « pour rétablir votre vérité face à l’histoire, et comme en janvier 2015 face au terrorisme aveugle et meurtrier, la France entière devrait crier « Je suis-pied-noir ». C’est le sens que j’ai voulu à notre stèle… et qui sera suivie, je l’espère, d’autres monuments identiques dans le pays... pour que notre France enfin réunie puisse reconnaitre et commémorer ensemble son douloureux passé oranais et algérien. » Vint enfin l’inauguration de la stèle par le maire et le président Soler. Dix gerbes furent déposées avant une minute de silence aussi silencieuse qu’éprouvante, avant La Marseillaise, et en clôture, l’incontournable Chant des Africains, chanté comme un seul homme par une communauté submergée par l’émotion. « Maintenant, nous pourrons faire le deuil de tous nos chers disparus de cette période, que les pouvoirs civils et militaires ont depuis toujours ignorés, et méprisés par leur silence. Cette stèle saussétoise va devenir, c’est sûr, un vrai lieu de pèlerinage pour toute notre famille en France », insistaient en larmes des pieds-noirs marseillais après la cérémonie, qui s’est prolongée immanquablement à la salle des arts par l’anisette et les fèves au cumin. Une vraie kémia, comme là-bas, dis.

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