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Le 5 juillet 1962 d’après Wikipédia

Le massacre du 5 juillet 1962, ou massacre d’Oran, se déroule à Oran ville d’Algérie le 5 juillet 1962 , trois mois et demi après le cessez-le-feu de la Guerre d’Algérie, deux jours après la reconnaissance officielle de l’indépendance, quelques heures avant sa proclamation.

Il est le fait d’éléments armés algériens sur la population européenne (plusieurs centaines de morts et disparus) et sur des musulmans (bilan inconnu).

L’armée française attend de longues heures avant de s’interposer

 La violence, après le cessez-le-feu

Les accords d’Évian (18 mars 1962) ont fixé la date de cessez-le-feu (19 mars) entre la France et le FLN, ainsi que le principe d’un scrutin d’autodétermination en Algérie.

Après le cessez-le-feu, le FLN n’est plus contenu par l’armée française et peut donc agir plus librement.

Dès le 19 mars, le massacre des harkis commence en Algérie.

Dès le 17 avril, une vague d’enlèvements de personnes s’abat sur Oran. Les rapts s’effectuent par le moyen de barrages établis dans la ville par le FLN, notamment dans les quartiers musulmans que doivent traverser des Européens pour se rendre à leur travail - quartiers où les soldats français ne patrouillent plus. Les enlèvements sont quotidiens. Ils vont se poursuivre jusqu’au mois de novembre.

On découvre des charniers du FLN. Les habitants du bled , eux-mêmes visés par les enlèvements, se replient sur la ville. L’épouvante s’installe. C’est en ce mois d’avril que se déclenche l’exode des Européens d’Oran !

Oran, enjeu dans la lutte GPRA- ALN de l’extérieur l’ALN de l’extérieur commence à investir les postes-frontière et Tlemcen, le 3 juillet.

Le scrutin d’autodétermination a eu lieu, le 1er juillet. Les résultats en sont connus (99,72 % de voix favorables à l’indépendance). L’ALN de l’extérieur, jusque là cantonnée au Maroc, commence à entrer en Algérie le 3 juillet.

L’ALN de l’extérieur (au contraire du GPRA Gouvernement_provisoire_de_la_République Algérienne ) est hostile au maintien d’une présence européenne en Algérie. Elle souhaite investir Oran, enjeu dans la lutte pour le pouvoir qui l’oppose aux modérés du GPRA. Elle souhaite intervenir massivement, prouver sa force, sans que cela paraisse un coup d’État.

Certes, le massacre du 5 juillet va servir de prétexte à l’ALN de l’extérieur pour entrer dans Oran le 8 juillet, pour « maintenir l’ordre » -> montrant par là que le GPRA était incapable de le faire

 La manifestation

Il reste à Oran, le 5 juillet, environ 100 000 Européens. Ils bénéficient depuis deux jours de la double nationalité

La manifestation musulmane se met en place, très tôt. Dès sept heures, la circulation automobile est perturbée. En tête, vont les scouts musulmans, aux foulards vert et blanc.

Des banderoles antibenbellistes proclament : « Non au culte de la personnalité. Un seul héros, le peuple. »

Parti de Ville-Nouvelle, le cortège emprunte le boulevard Joseph-Andrieu, puis le boulevard Maréchal-Joffre, et prend à droite le boulevard du 2e-Zouaves, jusqu’à la place Karguentah.

Les manifestations des jours précédents s’étaient cantonnées à la bordure des quartiers musulmans. La foule aujourd’hui s’engage dans le boulevard de Sébastopol, retrouve le boulevard Maréchal-Joffre. Elle progresse ainsi vers la place d’Armes (place Foch), c’est-à-dire vers les quartiers européens.

Car une cérémonie est prévue place d’Armes : l’ALN doit hisser le drapeau algérien sur la façade de la mairie. Des soldats de l’ALN, en treillis « léopard », sont en effet présents. Le service d’ordre et la circulation sont assurés par des ATO (force armée de l’Exécutif provisoire) en uniforme clair, submergés. Sur la place, la foule des manifestants musulmans est maintenant considérable, les femmes en haïk groupées d’un même côté, avec les enfants. L’atmosphère est à la fête, et l’exaltation à son comble

 La fusillade de la place d’Armes

11 heures 15, un coup de feu d’origine inconnue est entendu, place d’Armes. On n’y prête guère attention, puisque l’on est familier des coups de feu (depuis le 1er juillet, l’habitude est prise de tirer en l’air pour manifester sa joie). Mais d’autres coups de feu répondent au premier. Des musulmans armés se mêlent à la foule. Certains sont en uniforme (ATO et ALN). Et il s’avère que de nombreux manifestants sont armés. Les tirs se généralisent. Un mouvement de panique s’empare de la foule des manifestants musulmans. Beaucoup se couchent à terre. Femmes et enfants s’enfuient. Il y a peut-être des victimes.

La fusillade est si nourrie et si confuse qu’on ne peut dire qui tire sur qui. On attaque même les zouaves en faction à l’entrée de l’opéra, qui ripostent

 Le massacre

On ignore qui prend l’initiative du massacre d’Européens qui va suivre.

En revanche, concernant son déroulement ainsi que les enlèvements, les témoins directs mettent en cause l’ALN, les ATO et des civils équipés d’armes de poing et de couteaux. Au début, l’on voit beaucoup les ATO s’impliquer dans les lynchages et dans les meurtres. Puis, peu à peu, les hommes de l’ALN s’imposent en nombre dans ces mêmes exactions.

Tous ces hommes armés agressent les Européens qu’ils rencontrent, dans un déchaînement meurtrier. C’est une véritable chasse à l’homme qui s’organise. Elle va mettre à feu et à sang de nombreux quartiers européens. Les hommes armés se ruent sur les immeubles, enfoncent les portes des appartements, ouvrent le feu dans les restaurants, arrêtent, enlèvent, égorgent, au hasard des rencontres.

Des rafales de mitraillette balaient les terrasses des cafés, les porches, les voitures. Sur les atrocités commises, de nombreux témoignages se recoupent : exécutions sommaires d’Européens et de musulmans soupçonnés de leur avoir été favorables, scènes de lynchage (place d’Armes, boulevard de Sébastopol, place Karguentah, boulevard de l’Industrie, rue d’Arzew et ailleurs), actes de torture (pendaison, pendaison à des crocs de boucher, mutilations, énucléations).

Sur le boulevard du 2e-Zouaves, deux mitrailleuses lourdes « se déchaînent

 Les enlèvements

Les premiers rapts sont signalés vers 12 heures 10 : une centaine d’Européens sont dirigés sur Ville-Nouvelle (quartier musulman du centre). D’autres rapts ont lieu avenue de Sidi-Chami (12 heures 20). Entre 12 heures et 12 heures 30, la poste principale est envahie, les fonctionnaires présents sont égorgéset une trentaine de personnes, hommes et femmes, sont enlevées, contraintes de se déplacer à genoux. À 13 heures 15, des zouaves signalent de nombreux enlèvements d’Européens, rue du Lieutenant-Dahan et dans le secteur du cinéma Rex (rue de Tlemcen). D’autres sont signalés boulevard du 2e-Zouaves, rue d’Arzew (rue Général-Leclerc), boulevard de Mascara (boulevard Édouard-Herriot) et boulevard du Corps-Expéditionnaire-Français. Les hommes de l’ALN quadrillent la ville. Ils enlèvent des personnes, et les regroupent. C’est ainsi qu’ils conduisent des Européens en cortège au commissariat central, ou vers Petit-Lac (quartier musulman, au sud-est). Certains de ces prisonniers sont tués en chemin. D’autres sont sauvés par des musulmans. La menace est grave et directe sur la population Europeene d’Oran, le Général Katz au travers de notes officielles a pu prendre la mesure de l’hostilité des politiques Fancais a toute intervention « d’initiative ».

 Après le massacre

Il faut attendre 17 heures pour que l’armée Française prenne position dans la ville et commence à rétablir le calme. L’A.L.N. , qui a pris une part prépondérante dans le messacre et les enlèvements va se retourner avec zèle féroce contre ceux qui les ont acompagnés dans ces exactions : ATO et civils en armes . Au soir de cette journée, le général De Gaulle apparaît comme prévu à la télévision, et proclame l’indépendance de l’Algérie. (Aucune information ne filtre sur les ondes en Métropole sur les évènements du jour à Oran) Des charniers vont être découverts, notamment celui de Petit-Lac Le général Katz a toujours nié l’existence de ce charnier. (Pourtant reconnu par les habitants muslmans du quartier) Le 10 juillet, à Pont-Albin, le capitaine Bakhti présente aux médias 58 prisonniers musulmans qu’il charge de tous les crimes commis. L’un d’eux serait le « sanguinaire mais minable chef de bande Mouedenne Attou, qui sévissait dans les quartiers est depuis le 19 mars ». Chose que « personne ne crut à Oran, même chez les musulmans ». Le bandit Mouedenne Attou, membre du FLN, était chef du renseignement de la zone R4 - zone de Petit-Lac - à Oran Mais l’OAS affirme l’avoir abattu, le 24 avril[.1962 Ce massacre, exercé sur des innocents, achève de terroriser la population civile européenne. Il lui montre qu’elle est privée de protection. Il lui montre la fragilité de son statut, tel que défini par les accords d’Évian Le massacre suscite le désespoir des Européens, dont l’exode prend alors un tour massif. Fin 1962, il ne reste plus en Algérie que 100 000 Européens, sur près d’un million l’année précédente.

 Le nombre de victimes

Si tous les témoignages confirment les insoutenables scènes de massacre, l’ampleur de celui-ci est très difficile à estimer. Le désordre régnait alors. Depuis le cessez-le-feu, les habitants du bled avaient trouvé un refuge précaire dans la ville. Au port, sur l’hippodrome et à l’aéroport, dans un invraisemblable chaos, s’entassaient des milliers d’Européens espérant un départ. Côté algérien, on était en pleine lutte GPRA-ALN de l’extérieur. La volonté de silence des autorités, tant algériennes que françaises, gêne toute vérification. Des centaines de plaintes furent déposées au consulat d’Oran, mais une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes d’une même famille, et la disparition de nombreux hommes isolés (leurs familles étant déjà parties) n’a pas été signalée à Oran, mais en métropole. Les chiffres avancés de part et d’autre oublient le plus souvent des précisions importantes : parle-t-on des morts ? Des disparus ? Des morts et disparus ? Parle-t-on bien des seules victimes européennes ? Ou des musulmans et Européens confondus ? Parle-t-on bien de la seule journée du 5 juillet, dans la seule ville d’Oran ? Il s’ensuit une grande disparité dans les chiffres, et des querelles, même au sein de la communauté

 Européens enlevés

Il y eut ce jour-là de nombreux morts européens dont les corps furent retrouvés. Mais il y eut plus encore d’enlèvements de personnes qui n’ont pas reparu depuis. Du côté des autorités, concernant les rapts, on se contente d’englober la journée du 5 juillet à Oran dans des chiffres plus généraux : sur l’ensemble de l’Algérie, en huit ans de guerre, de novembre 1954 au 19 mars 1962, 375 Européens furent enlevés par le FLN ; le phénomène s’amplifia brutalement dès le cessez-le-feu puisque, du 19 mars à octobre 1962, c’est-à-dire en sept mois, il y eut 3 018 Européens enlevés par le FLN Un demi-siècle plus tard, la très grande majorité des personnes enlevées sont toujours considérées comme disparues Morts et disparus européens à Oran, le 5 juillet Les rapatriés parlent de « 3 000 disparus » à Oran, ce jour-là. Pour Jean-François Paya, il s’agirait de près d’un millier de morts. Jean-Pierre Chevènement préfet d’Oran par intérimce jour-là, cite le chiffre de 807 victimes que lui fournirent ses services (chiffre qu’il estime devoir être légèrement minoré, des habitants ayant peut-être gagné le port ou l’aérodrome, et trouvé un départ), et préfère pour sa part se résoudre à parler de centaines de victimes Jean Monneret parle (dans un livre paru en 2000) de 450 à 610 victimes. En 2009, il estime toujours « raisonnable, toutes évaluations confondues », d’avancer que l’ordre de grandeur des victimes européennes du 5 juillet 1962 à Oran se situe « dans une fourchette de 400 à 600

 La reconnaissance du massacre.

« Le massacre du 5 juillet d’Oran, écrit Georges-Marc Benamou, semble être un événement clandestin, discutable, fantasmé, et dont seuls les survivants se repassent le souvenir. Aucune étude historique définitive. Pas de véritable investigation. Peu de livres. Pas une plaque, nul hommage officiel de la République. Quand il s’agit des massacres du 5 juillet d’Oran, tout est sujet à caution » Se heurtant aux intérêts économiques, à des préoccupations d’ordre hagiograhique, au silence des pouvoirs publics, à celui des médias et des historiens, les familles des victimes se battent pour que le massacre soit reconnu

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